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EMPREINTES

Photosculpture, peinture, photographie, land art, …
Parfois, j’ai l’impression de me disperser…
Alors je m’arrête quelques temps.
J’approfondis les techniques.
Et je me remets en question.
Ou en questions ?

Quel est le dénominateur commun à mon travail ?

C’est l’obsession de l’empreinte.
L’empreinte qu’on laisse derrière soi, après soi.
L’empreinte qui nous construit, nous fabrique, nous survit.
L’empreinte, cette trace qui nous permet de partir tout en restant.

Mais, entre ces empreintes,  il y a un lien : c’est la photographie.
La vraie, celle de la chambre noire.
Du négatif et du positif.
De l’opposition et de l’inversion des perceptions.
Des blancs devenus noirs et des noirs devenus blancs.
Cette photographie qui nous mène au monde de l’empreinte.
Celle qui nous pérennise.

Dans mon travail photographique, le thème de l’empreinte est évident.
Presque par essence.
L’assemblage même improbable des couleurs se fige.
L’éphémère laisse une trace sur la pellicule.
Tout a disparu ; la perception est toujours là.

Lorsque je dépose une pierre sur un trou creusé dans la sable au bord de la mer, je sais que cette composition n’est pas destinée à durer. La marée va venir : elle comblera le trou et recouvrira la pierre. Plus rien qu’un avatar banal.
Et cela me perturbe.
Alors, je détruis moi-même la composition. Après en avoir pris une image.
Et après avoir sauvé la pierre.
Le temps se dilate, mais j’en deviens le maître car j’en possède l’empreinte.

Puis, je fais la même chose avec ma peinture.
J’applique des couches de matière sur une plaque de bois.
Je les rêve à l’envers et j’en prends l’empreinte.
Ce faisant, j’inverse le temps et je le fixe.
Le panneau peut disparaître.
Mais le travail reste.

La technique est différente.
L’idée reste la même.

L’empreinte est unique, elle marque notre différence et notre appartenance, dans un même mouvement.
L’empreinte nous prolonge.

L’empreinte c’est comme l’enfant que nous offre la femme aimée.

Arnaud Pitz Arnaud Ptitz version nl